Mes ricochets, ricocher, ricochez... de mots en mots

Ecrire. Nier le silence. Donner corps à la vie. Toucher du bout des doigts l'impalpable moment présent. Vivre, tout simplement. A s'en exploser le coeur. On ne sort pas indemne de la vie. On essaie juste de garder intacts les sensations.

22 juin 2010

Don't follow me. I'm lost too.

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T'étais appuyée contre la voiture, quand les larmes ont coulé. J'm'en souviens très bien. C'est dans ma tête depuis, en fond d'écran statique de toutes mes pensées. Parce que j'sais pas. J'allais dire j'sais plus, mais j'crois qu'en fait j'ai jamais su. Comment on fait pour te donner du sourire à durée indéterminée. Y a des conseils d'utilisation que j'ai toujours pas compris. Et j'me sens toute petite, toute conne au milieu de ta détresse, à ne pas pouvoir te prendre dans mes bras sous leurs putains de regards, à avoir envie de te secouer parfois, que t'entrouvres les yeux sur ces parcelles de bonheur que, merde, j'essaie de te construire. Puis j'voudrais t'enfermer juste au creux de mon ventre, là où c'est tout bien chaud, que t'en ressortes plus. Là où c'est tout bien chaud et sans putain de boulot. J'remue d'un pied sur l'autre, j'te dis que tu vas être en retard, et on en reparle plus tard. En vrai j'sais pas quoi dire. En vrai j'sais pas quoi faire. Décrocher les étoiles et te les coller tout au fond des orbites, la lune à la place du coeur.

Assise par terre dans le salon, y a mademoiselle K qui dit des trucs que j'écoute pas. J'l'aime même pas. C'est juste que. J'sais pas quoi faire, je crois. J'ai pas les ingrédients du bonheur selon toi.

Puis y a ces livres que j'lis, dont je pourrais te réciter des passages entiers. Des conneries qui disent que le bonheur est dans l'instant, dans la somme de petits détails, et que ces trucs sans importances ont les a, nous. Ces livres qui veulent plus rien dire dans la vraie vie, qui servent à rien d'autre qu'à me couper du monde. En lisant le bonheur ou le malheur des autres. L'un remonte le moral, l'autre fait dire que finalement t'es pas si mal. Dans les deux ça c'est qu'des conneries qui marchent pas sur toi.

T'es un Chris McCandless féminin, les grands espaces, la liberté et le refus de la société dans la caboche, le sac à dos qu'tu trimballes dans tes rêves. 

Inadaptée à la routine. Allergique au quotidien. Phobique du métro-boulot-dodo. Et moi, j'm'assieds par terre au milieu du salon. Et j'ai rien d'autre. Rien d'autre que ça à t'offrir. Et une clope, peut-être.

J'suis juste morte de trouille. Parce que ça suffit pas.

Posté par blue dragonfly à 21:32 - Egocentrisme inhérent - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

    Pensée passage, ce n'est jamais facile, comment aimer sans perdre le fil, comment garder l'éphémère, l'intemporel, comment en fermer les instants fugaces de bonheur pur.. J'aime te lire.

    Posté par Lilou, 23 juin 2010 à 14:11
  • La clope je veux bien mais je ne reste pas. On ne sait jamais, si elle déboulait à l'improviste. Quoique, si tu n'as plus très envie de rester seule au milieu du salon... Poker, tarot, jeux de dames, petits chevaux...???
    Allez bon diou : un petit coup d'énergie et hop ça repart

    Posté par Zoé, 29 juin 2010 à 09:50

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