12 octobre 2010
N.B
Quelqu'un a détraqué les aiguilles de ma montres, la puce electronique de mon portable, mon horloge biologique, et tout le reste. Le temps passe trop vite, c'est infernal.
Mardi soir, déjà. Mais où sont passés le week-end et le début de la semaine?
En ce moment, je bosse. En ce moment, je regarde "Dexter", et "Californication". Je lis "Politique", et "Le yoga pour les nuls", mais je ne fais pas de yoga. Pas le temps. Je me suis fait tatouer, j'ai passé le contrôle technique de la voiture, acheté de nouveaux pneus, un nouveau lit, de la lingerie, des pulls. J'ai la fibre dépensière, le compte à sec, des envies en vrac. Du soleil, des voyages, un canapé, du temps, du temps, du temps. Et cette putain de taxe d'habitation. La pensée fulgurante de vivre sous un pont m'a traversé l'esprit en ouvrant le courrier.
Y aurait pas comme un "couac" dans l'idée qu'il faille payer, outre le loyer et les charges, le droit d'avoir un logement décent? La voiture, ok, la télé, d'accord, c'est un luxe, mais l'appart, ça me sidère. Vous inquiétez, pas, c'est normal, la d'jeuns que je suis déboule dans la vie d'adulte et se révolte contre la sécheresse monumentale de son compte courant. Merci l'Etat.
L'impression que Noël, c'est demain, que la vie file bien trop vite et que pourtant je ne bouge pas.
J'sais pas, c'est plutôt bizarre. Je crois qu'au fond, je me sens bien, dans cette routine qui fait filer les jours. Pour combien de temps?
Parce que je la connais, mon humeur en dents de scie, mes envies changeantes, mes besoins irrépressibles et momentanés.
27 septembre 2010
Ecrire

Ecrire. Le besoin irrépressible de laisser glisser les doigts sur le clavier ne se calcule pas, ne se gère pas, ne répond pas à une quelconque logique. Il apparaît et disparaît au gré de ses envies. Comme le bonheur et les doutes s'invitent par vagues successives. Hier il n'était pas là, aujourd'hui le voici. Et tout semble tourner dans une spirale sans fin, cercle vicieux infini où l'argent crée le bonheur qui donne une impression de liberté qui fait dépenser l'argent qui en était la cause et on se retrouve là. Comme l'amour qui va et vient en douces vaguelettes qui nous lèchent le coeur. Après, seulement après, vient la morsure du sel. Quand on croit et que la seconde d'après, on prend conscience de l'illusion. Le miroir se brise.
Au rythme des saisons
Réveil en pleine nuit, le dos trempé de sueur. Comme un saut en avant, un futur irrémédiable. Tu n'étais plus là. Et je n'ai que mes songes pour me le dire.
C'est quoi, pour toi, le bonheur? A force de trop chercher la réponse, je me suis perdue dans mes pensées même, et je ne sais plus vraiment ce que je recherchais.
Bien sûr, qu'on a changé, que les matins ne sont plus les mêmes. Bien sûr que ton visage n'est plus une découverte au lever du soleil, que l'habitude a remplacé l'exception. Et alors?
T'as toujours ces moments hors du quotidien, quand tu retrouves ta bouille d'enfant le temps d'un émerveillement. C'est juste que j'ai plus l'impression d'en être la cause. Et je m'émiette, et je me craquelle, et je m'enfonce.
Toi, t'es mon rayon de soleil. Alors j'ai peur, maintenant que l'été est fini, de te voir disparaître dans le froid de l'hiver.
Dis-moi que les jours les plus beaux sont ceux où le soleil brille sous la neige.
21 septembre 2010
Doutes et certitudes
Ils servent à quoi, ces mots que l'on distille ici et là?
Au milieu de ma vie, j'ai l'impression d'avoir perdu jusqu'à mes phrases pour la raconter. Perdu mes certitudes. c'est pas tant que je n'ai rien à dire, plutôt l'idée absurde d'avoir perdu le fil, laisser le temps couler, et moi avec.
Il faudrait simplement que je reprenne le temps. De raconter mes battements de coeur quand ils s'arrêtent. Ne croyez pas que tout va mal. La vie va plutôt bien, en fait. Mais j'me sens toute petite, au milieu d'elle. Et la lassitude de ce qui ne me convient pas, bien qu'elle m'atteigne, n'est pourtant pas assez forte pour me donner l'envie implacable de changer les choses. Alors je ne bouge pas. J'attends. Qu'elle sache ce qu'elle veut. Qu'un boulot s'offre à moi. Que l'inspiration revienne.
Sauf que l'inspiration, j'ai l'impression que c'est à moi d'aller la chercher, parfois. Ecrire pour ne rien dire, jusqu'à ce que quelque chose vienne se glisser entre les lignes, qui donnera finalement un sens à tout ça.
J'ai lu "ravages", de Barjavel. Ca m'a fait réfléchir. On va où?
Puis j'ai enfin sauté le pas du don du sang. Moi qui ai peur des aiguilles sauf quand elles sont le passage obligé pour un nouveau tatouage. Le camion était là, on s'est arrêtées, et finalement c'était facile. Puis y a ce goût de bonheur dans la bouche en ressortant de là, d'avoir fait quelque chose de bien, d'utile, pour une fois. Ca aussi, ça m'a fait réfléchir. J'ai perdu mes envies d'enfants, de l'époque où je criais haut et fort que j'aiderai les autres avant de penser à moi, que je bosserai dans le social peu importe le salaire. Mais les murmures reviennent, et l'adolescente un peu trop idéaliste que j'étais recommence à me réveiller au milieu de la nuit et me vole le sommeil en s'invitant dans mes rêves. J'avais de grandes idées dans ma petite tête, des envies de monde meilleur et d'amour éternel. Faudra que je pense à les chercher au fond de mes cartons. Je pourrais peut-être les retrouver, même les réparer et les remettre à neuf.
J'ai l'impression parfois de n'avoir pas choisi la route la plus simple, d'avoir à me battre constamment contre tout ce qui m'entoure pour réussir à atteindre un tout petit soupçon de ce bonheur que je rêve de toucher.
Ma famille me manque. L'amour fou me manque. Mes rêves me manquent. Et plus que tout, ce sont les certitudes qui me manquent. Une seule, comme un phare au loin, un repère auquel m'accrocher, me permettrait de combattre les autres doutes. Certifiez-moi que j'ai l'amour dont je rêvais, et je trouverai la force de soulever des montagnes pour que le reste de ma vie lui ressemble.
07 juillet 2010
Buée encéphalographique
je sais ce que je ne veux pas, mais pas encore ce que je veux. Y a du flou dans ma tête, un peu de buée sur mes paupières. Qui m'empêche de réfléchir. Rien de grave. Juste le spleen qui flotte par-dessus nos têtes. Le soleil moite nous rend amorphes, et de l'envie de l'adolescence ne reste que le goût amer de toutes ces choses que l'on n'a pas faites. A trop refaire le monde, on finit par s'y perdre.
29052010
22 juin 2010
Don't follow me. I'm lost too.

T'étais appuyée contre la voiture, quand les larmes ont coulé. J'm'en souviens très bien. C'est dans ma tête depuis, en fond d'écran statique de toutes mes pensées. Parce que j'sais pas. J'allais dire j'sais plus, mais j'crois qu'en fait j'ai jamais su. Comment on fait pour te donner du sourire à durée indéterminée. Y a des conseils d'utilisation que j'ai toujours pas compris. Et j'me sens toute petite, toute conne au milieu de ta détresse, à ne pas pouvoir te prendre dans mes bras sous leurs putains de regards, à avoir envie de te secouer parfois, que t'entrouvres les yeux sur ces parcelles de bonheur que, merde, j'essaie de te construire. Puis j'voudrais t'enfermer juste au creux de mon ventre, là où c'est tout bien chaud, que t'en ressortes plus. Là où c'est tout bien chaud et sans putain de boulot. J'remue d'un pied sur l'autre, j'te dis que tu vas être en retard, et on en reparle plus tard. En vrai j'sais pas quoi dire. En vrai j'sais pas quoi faire. Décrocher les étoiles et te les coller tout au fond des orbites, la lune à la place du coeur.
Assise par terre dans le salon, y a mademoiselle K qui dit des trucs que j'écoute pas. J'l'aime même pas. C'est juste que. J'sais pas quoi faire, je crois. J'ai pas les ingrédients du bonheur selon toi.
Puis y a ces livres que j'lis, dont je pourrais te réciter des passages entiers. Des conneries qui disent que le bonheur est dans l'instant, dans la somme de petits détails, et que ces trucs sans importances ont les a, nous. Ces livres qui veulent plus rien dire dans la vraie vie, qui servent à rien d'autre qu'à me couper du monde. En lisant le bonheur ou le malheur des autres. L'un remonte le moral, l'autre fait dire que finalement t'es pas si mal. Dans les deux ça c'est qu'des conneries qui marchent pas sur toi.
T'es un Chris McCandless féminin, les grands espaces, la liberté et le refus de la société dans la caboche, le sac à dos qu'tu trimballes dans tes rêves.
Inadaptée à la routine. Allergique au quotidien. Phobique du métro-boulot-dodo. Et moi, j'm'assieds par terre au milieu du salon. Et j'ai rien d'autre. Rien d'autre que ça à t'offrir. Et une clope, peut-être.
J'suis juste morte de trouille. Parce que ça suffit pas.
21 juin 2010
"Pause"

Le temps file et me manque. Pour vous raconter les jours qui passent, il m'en faudrait davantage. Ou moins de sommeil, peut-être. Du tout au rien, je saute d'un seul bond. Sans pause. L'éphémère de mes émotions est mon quotidien. Et je comble mes journées de petites choses à faire pour éviter le temps des réflexions. Je plonge dans mes lectures sans reprendre mon souffle. Les choses n'avancent pas vraiment, et moi je profite des bulles de bonheur lorsqu'elles passent à portée de sourire, j'essaie d'oublier les petits vides. Je prends mon temps pour ne pas le perdre. Je laisse le temps au temps de devenir temps des sourires. Les semaines passent au rythme de la routine, les week-end filent à celui de l'imprévu. Toujours mains dans la main. Paraît qu'une fois passé le cap des 2 ans, on est tranquilles jusqu'à 7. On verra bien. Moi j'essaie d'oublier les imperfections et de gommer les ratures, d'atteindre le bonheur tranquille. J'sais même pas si il existe. Ni où chercher. Je crois que je suis compliquée. Jusque dans mes hésitations vestimentaires. Toujours le cul entre deux chaises. Définition exhaustive de l'indécision hésitante. Un peu paumée comme on se perd dans une vie qui prend un tournant brusque. Faut le temps d'arrêter les vertiges et la tête qui tourne. La nouveauté est derrière soi, l'autre n'est plus terre inconnue, reste à dompter le quotidien et à voir si les rouages sont bien huilés pour passer à la suite. J'en suis là. A attendre un peu de voir si. J'ai décidé de me laisser flotter jusqu'à fin de l'été. Profiter des rayons de soleil et cacher la pluie sous mon oreiller. Après, je prendrai mes décisions. Je tracerai ma route. J'ai besoin de souffler un peu. Avant le nouveau souffle à prendre.
30 mai 2010
Mauvaise passe
Les bruits de voix fusent, les discussions s'enchaînent, deux par deux ou tous ensemble, ça parle de tout et de rien, ça part dans tout les sens. Les éclats de rire fusent et je souris. Pour se sentir seule, au milieu des autres, il suffit d'un geste, ou du manque de ce geste. Un rejet ressenti ou imaginé qui pose une barrière. Il suffit de ma main qui se pose inconsciemment sur son épaule et de la sienne qui la repousse consciemment. Et l'impression, parfois, de n'exister vraiment qu'au sein des quelques murs de notre appartement.
J'ai beau dormir assez, je me sens fatiguée. Le poids des doutes sur les épaules est bien plus lourd parfois que celui de manque de sommeil. Il suffirait d'un rien. Et le flou dans ma tête. Je suis angoissée, moi aussi. Pour un millier de raisons qui n'ont aucun sens, pour un grain de poussière dans l'oeil, pour une petite piqûre au coeur, pour un regard en coin, pour la difficulté à me lever le matin, pour toutes ces heures qui passent et dont je ne fais rien. Je suis angoissée pour l'avenir, son incertitude et ses obstacles.
Mon angoisse elle-même m'angoisse. Mauvaise Passe.
25 mai 2010
Amanda Sthers - Keith me
"Keith me", je l'ai pris parce que Amanda Sthers. Parce que d'elle, je ne connaissais que le mariage avec Patrick Bruel, et j'avais dû entendre vaguement qu'elle écrivait. Puis il était là, posé sur la table, et je me suis dit "Pourquoi pas, voyons-voir ce que ça donne".
Et ça a donné. Comme un bon riff de Keith Richards, finalement. Ce bouquin, je ne l'ai pas lu, je l'ai bouffé, dévoré en une matinée, en quelques heures, en un trajet en avion. C'était 6h du mat, on venait de décoller, j'avais envie de dormir, j'ai ouvert le livre, j'ai pas fermé les yeux.
Plus tard, en écoutant une interview d'Amanda Sthers, j'ai entendu qu'elle avait écrit dans l'urgence. C'est comme ça que j'ai lu, moi. Dans l'urgence. En apnée.
Keith me, c'est tout et rien en même temps. C'est pas un livre sur les rolling stones, c'est pas une autobiographie, c'est pas la vie de Keith Richards, c'est pas vraiment un roman. C'est tout ça qu'on mettrait dans une centrifugeuse et qu'on mélangerait un bon coup. C'est Amanda Sthers qui parle dans la bouche de Keith Richards, qui se faufile dans son corps, qui vit sa vie, qui ressort parfois, qui mélange les choses mais qui réussit à faire sortir de ce chaos un livre poignant et envoutant.
"Elle est ce visage étouffé de rides, elle est cet enfant perdu dans le parc municipal de Dartford. Elle est l’amant de Mick Jagger quand ils font l’amour pour la première fois, elle est ce guitariste de génie qui s’envoie les plus belles filles du monde, elle a pris les mêmes drogues, suivi le même diable et survécu à tout. Elle est aussi, entre les lignes, une jeune femme qui vient de rompre avec le père de ses enfants, cette éternelle jeune fille que personne ne prend vraiment au sérieux ni au tragique et qui semble devoir connaître quelques vrais malheurs avant d’être reconnue comme artiste."

Extraits :
"Pourquoi on se penche sur un être? Pourquoi on tombe amoureux? Comme ça... pour toutes les raisons du monde monde, à cause de nos putains de cerveaux malades. Mais on tombe. On se relève parfois, les genoux écorchés."
"La nuit va mourir. On est restés. On est trois à table. On s’ennuie. On se moque des corps qui dansent à contretemps. Et mon sourire sourit faux. On enchaîne les vodkas. Je devais être à Paris deux jours. Mes enfants sont dans le Sud. Je les laisse si peu qu’une soirée sans eux semble volée à ma jeunesse. J’ai l’impression d’avoir dix-sept ans, que mes parents partis en weekend m’ont laissé la maison. J’ai oublié mon alliance. Je me demande s’il la porte quand il baise d’autres femmes, loin de moi. Loin depuis combien de temps ? Loin de quoi ? C’est comme si la musique s’arrêtait. Comme si on s’était tous retournés en même temps.
Keith entre et le monde autour tourne enfin. Les filles fatiguées deviennent sexy. Le champagne coule à nouveau. « C’est Keith Richards » comme un souffle, la phrase se répète de table en table, « c’est Keith Richards ». C’est moi." Lectures en cours : "Géométrie d'un rêve" de Hubert Haddad, "La tête en friche" de Marie-Sabine Roger
Kate O'Riordan - Pierres de mémoires
Au bout de près d'un an, je me suis inscrite à la médiathèque, enfin. Maintenant, je dévore. Des centaines de pages, des dizaines de livres. Je découvre, je savoure, je me délecte. Parfois, je repose sans arriver au bout, proche de l'overdose ou de l'ennui, mais les découvertes sont belles et passionnantes, et les livres parfois, pris au hasard des allées et venues, à cause d'un titre ou d'une image, d'un détail infime, se révèlent des compagnons de route précieux et envoutants.
Kate O'Riordan m'a emmenée loin, bien loin de mon quotidien, au fin fond de l'Irlande. C'est poignant, c'est prenant, c'est beau, les mots coulent avec une facilité déconcertante et les pages se suivent sans que l'on s'en rende compte.

Résumé :
Nell, une irlandaise dans la quarantaine, vit à Paris depuis plus de vingt ans. (...) Elle profite du calme de la vie parisienne comme d'un bon verre de rouge. (...)
Mais un coup de téléphone nocturne va venir briser le monde clos qu'elle a construit. Un voisin de sa fille unique, Ali, qui vit en Irlande, lui donne à son sujet d'inquiétantes nouvelles. Celles-ci vont obliger Nell à retourner dans son pays d'origine, ce qu'elle n'avait pu se résigner à faire depuis son arrivée en France.
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"Pierres de mémoire" est une poignante histoire d'amour maternel, où 5 générations se découvrent, de la grand-mère de Nell à sa petite fille, et où les moments heureux prennent la forme de galets gardés précieusement. Loin du cliché des relations mères-filles, Kate O'Riordan distille son histoire tout en nuances et en finesse, rendant chacun de ses personnages délicieusement profonds et attachants. Page après page, on découvre, on comprend, on se rend compte, on prend parti, on a le coeur qui se serre ou un sourire qui se dessine sur nos mines concentrées. On découvre les souvenirs et les secrets comme on retournerait une pierre de mémoire pour en découvrir l'inscription, sans tomber dans le sentimentalisme. Parce que l'amour mis à part, Kate O'Riordan négocie flash-backs et énigmes secondaires avec brio et nous maintient constamment dans ce doux état d'attente et d'expectative, attendant avec une impatience presque palpable de pouvoir tourner la page, découvrir la suite. Une histoire tout en ombres et en nuances, en douceur et en non-dits, en souvenirs et en murmures, que l'on découvre peu à peu comme on enlèverait délicatement le papier coloré d'un bonbon.
Ce livre, je m'y suis plongée tout entière, profitant de chaque minute inoccupée pour lire ou relire l'un ou l'autre mot, au désespoir de B qui se demandait quand, enfin, j'allais le lâcher.
Le hasard. Un livre qui dépassait un peu des autres, un titre qui pousse à la curiosité, une couverture sympathique, et une très jolie découverte. Voilà une auteure qui s'ajoute à ma L.A.L et que je recommande
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Extraits :
" Nell a souvent voulu dire à sa fille : "Prenons nos distances un bout de temps cette fois-ci. Pas de communication, pas de coups de fil haletants et paniqués tard le soir, pas de silences prolongés pour attiser mon inquiétude, affûter mes appréhensions. Ca m'évitera de te courir après. De te voir t'enfoncer dans tel ou tel nouveau bourbier de ton invention, un bras tendu pour appeler à l'aide, l'autre qui me repousse. Programmant ton propre échec, insistant pour que je le regarde, puis furieuse que je le fasse"
"Nous sommes façonnés par de grands évènements; les naissances, les maladies, les mots opèrent des coupes sombres dans notre existence, lui font prendre une nouvelle direction, y laissent des marques indélébiles. Mais ce sont les petites choses, une volée de marches, un regard déçu, une boucle de chaussure luisante, des trahisons minuscules, un va te faire foutre bien senti, qui nous font peu à peu prendre forme"













































